Les pertes de mémoire après un burn-out sont fréquentes. Cela est dû à l’épuisement du cerveau. Si les troubles de la mémoire persistent, cela peut inquiéter. Cependant, ce n’est pas toujours le signe que le cerveau est définitivement « cassé », mais seulement très fatigué. Il existe des solutions pour soutenir la récupération du cerveau et retrouver la mémoire après un burn-out.
Pourquoi y a-t-il des pertes de mémoire suite au burn-out ?
Un burn-out est un épuisement sur 3 niveaux. Il y a à la fois l’épuisement physique, l’épuisement émotionnel et l’épuisement cognitif. Ce dernier type d’épuisement concerne le cerveau. La diminution des capacités mentales observées est liée par l’épuisement du cerveau.
La perte de mémoire est souvent accompagnée d’une diminution de la capacité de concentration, parfois de troubles du langage, d’acouphènes, de vertiges, etc. Il y a donc un ensemble de problèmes cognitifs et parfois neurologiques.
L’excès de cortisol et la mémoire dans le burn-out
Avant le burn-out, lors d’une phase prolongée de stress, le cerveau se met dans un état particulier pour s’adapter. Il y a notamment une augmentation des taux de noradrénaline et de cortisol, permettant de maintenir l’hypervigilance.
Cependant, cette adaptation a un coût. Un excès de cortisol sur une durée prolongée devient toxique pour les neurones. Une région du cerveau qui en est d’ailleurs particulièrement sensible est l’hippocampe, siège de la mémoire.
« L’excès prolongé de cortisol perturbe le fonctionnement de l’hippocampe dans le cerveau, une structure cérébrale essentielle à la mémoire. »
La neuroinflammation après un burn-out
L’excès de cortisol finit par endommager les cellules neuronales. Par conséquent, une neuroinflammation s’installe pour tenter de réparer les dégâts. Toutefois, si les dégâts sont trop importants, ou si le stress persiste, la neuroinflammation persiste aussi. Or, une neuroinflammation chronique va perturber le fonctionnement de l’hippocampe, donc celui de la mémoire.
Les carences du cerveau après un burn-out
Le stress prolongé a aussi une autre conséquence que la toxicité du cortisol : l’installation de carences nutritives. En effet, pour maintenir un niveau de concentration et d’hypervigilance, le cerveau doit puiser dans ses réserves d’énergie. Il y a une surconsommation de nutriments (acides aminés, zinc, magnésium, vitamine B6, etc).
Ceci est normal si le stress est ponctuel et suivi d’une phase de repos. Cette phase permet de recharger les ressources disponibles, comme la batterie d’un téléphone que l’on recharge avant de tomber à zéro.
La mémoire déjà touchée avant le burn-out
Cependant, lors de l’épuisement pré-burn-out, les phases de repos n’ont pas lieu et la recharge des ressources est compromise. Au fur et à mesure que les réserves s’amenuisent, la mémoire est impactée de deux manières différentes :
- Il y a moins de nutriments disponibles pour faire fonctionner la mémoire. Une baisse de mémoire est généralement déjà observée avant l’effondrement du burn-out.
- Il y a moins de ressources pour réparer les dommages causés par le stress aux neurones. Par conséquent, la neuroinflammation persiste.
Peut-on récupérer sa mémoire après un burn-out ?
La récupération partielle ou totale de la mémoire dépendra de plusieurs facteurs. Tout d’abord, la capacité du cerveau à se régénérer dépend directement de la sévérité du burn-out. Un état d’épuisement pré-burnout, ou burn-in, aura moins endommagé le cerveau qu’un burn-out avéré.
Ensuite, les conditions de récupération post-burnout sont très importantes. En effet, l’environnement et l’hygiène de vie jouent un rôle essentiel.
Enfin, des facteurs comme l’âge, l’état de santé général et des maladies préexistantes sont à prendre en compte. Pour les femmes, si un burn-out apparaît en même temps que la ménopause, cela fragilisera d’autant plus le cerveau.
Tous ces paramètres sont à prendre en compte pour choisir les solutions adaptées à chaque personne qui subit un burn-out, en visant l’objectif d’une récupération totale.
Comment retrouver la mémoire après un burn-out ?
Plusieurs solutions devront être mise en place pour retrouver la mémoire suite à un burn-out. Ces solutions peuvent être divisées en trois grandes catégories :
- L’environnement,
- L’hygiène de vie,
- Les soutiens externes : compléments alimentaires et phytothérapie.
Remarque : si vous avez des troubles sévères de la mémoire après un burn-out, il est recommandé d’aller faire des examens préalables chez un neurologue, afin d’écarter toutes autres pathologies sous-jacentes.
L’environnement pour récupérer la mémoire après un burn-out
Tout d’abord, il faut modifier son environnement quotidien suite à un burn-out. Il faut se mettre au vrai repos, ce qui signifie ne plus avoir de stress quotidien. La suppression (ou la forte limitation) du stress, permet d’arrêter la réaction toxique du cortisol sur le cerveau.
Le corps et le cerveau sont enfin au repos ! Ils vont pouvoir passer d’un état de survie à un état régénératif, propice à la réparation. Cela paraît très simple, et pourtant c’est une condition essentielle à la guérison !
Par conséquent, des aménagements deviennent nécessaires : accepter d’être en arrêt maladie, réduire sa participation aux tâches ménagères, réduire les loisirs qui prennent de l’énergie, etc.
Texte
« Le corps et le cerveau sont enfin au repos ! Ils vont pouvoir passer d’un état de survie à un état régénératif, propice à la réparation. »
L’hygiène de vie pour retrouver la mémoire après un burn-out
L’hygiène de vie est très importante dans la récupération d’un burn-out. Concernant le cerveau, le sommeil est particulièrement essentiel. En effet, c’est uniquement lors des phases du sommeil profond que le cerveau se nettoie et se répare. S’il y n’a pas de sommeil profond (ou récupérateur) pendant la nuit, la récupération de la mémoire est très compromise !
Aujourd’hui, nous savons aussi que l’alimentation est un pilier de la santé du cerveau. C’est notamment ce qu’étudie la neuronutrition (ou psychonutrition).
La mémoire utilise certains acides aminés, acides gras, vitamines et minéraux pour fonctionner. Les carences peuvent donc entraver son fonctionnement. Après un burn-out, une alimentation riche en protéine vient, par exemple, soutenir la réparation du cerveau.
« S’il y n’a pas de sommeil profond (ou récupérateur) pendant la nuit, la récupération de la mémoire est très compromise ! »
Les compléments alimentaires et les plantes pour la mémoire après un burn-out
Un burn-out n’est pas une fatigue normale. Les dommages sont bien réels sur la santé physique et mentale. Dans la récupération post-burn-out, un soutien extérieur (médicaments, compléments alimentaires ou plantes) est souvent nécessaire pour soutenir les processus de récupération.
Pour la mémoire, le choix des compléments alimentaires et/ou des plantes, doit aussi se faire en fonction des autres symptômes. Cela permet d’apporter une aide globale et de s’adapter à chaque situation personnelle.
Les compléments alimentaires pour la mémoire
Pour la mémoire, les omega-3 joueront un rôle dans la réduction de la neuroinflammation, mais aussi dans l’efficacité de l’information nerveuse. Des cures de zinc, de vitamine B5, B6, B9 et B12 peuvent aussi être pertinentes.
Les dosages et les formes sont à ajuster, en fonction d’un état dépressif latent, d’une périménopause en cours ou encore de symptômes neurologiques associés (vertiges, sensation de brûlures, etc).
Les plantes pour la mémoire
Des plantes peuvent être prises en soutien dans la réparation du cerveau. Il y a par exemple la rhodiole, une plante adaptogène. Elle permet un soutien lors d’une grande fatigue mentale, et agit aussi sur l’humeur. Elle est particulièrement adaptée lorsqu’il y a des symptômes de dépression concomitants.
Le ginkgo biloba est souvent conseillé pour le soutien général des fonctions cognitives. Il n’a pas d’effet direct sur la réparation du cerveau après un burn-out. Cependant, il augmente le flux sanguin dans le cerveau, permettant d’augmenter l’apport en nutriments et en oxygène.
Enfin, le Lion’s Mane (ou crinière du lion), est un champignon adaptogène aux nombreux bienfaits. Il contient notamment des molécules comme le BNDF, un facteur de croissance qui stimule la production de nouveaux neurones. Cependant, il contient aussi des molécules excitantes comme de la caféine. Les dosages et la durée sont donc à contrôler, pour ne pas provoquer de nervosité, compromettant le repos post-burn-out.
Conclusion
Nadia Augusto
Neurobiologiste, neurothérapeute et fondatrice de Neuro Naturel, explorant les solutions naturelles et durables pour la santé du cerveau.