1 salarié sur 4 en burn-out fera une rechute

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Sortir d’un burn-out est un processus long et délicat, que personne ne souhaite vivre une seconde fois. Pourtant, une récente étude a montré que 1 salarié sur 4 en burn-out professionnel fera une rechute1. Ce chiffre interroge quant à l’efficacité de la prise en charge du burn-out, mais aussi de l’accompagnement du retour au travail après un arrêt maladie.

Un risque élevé de rechute de burn-out

Il existe un certain nombre de facteurs de risques individuels et environnementaux qui augmentent le risque de faire un premier burn-out. Il semblerait que ces facteurs perdurent même après en être sorti. En effet, l’étude de l’Antwerp Management School1 a estimé que 1 salarié sur 4 en burn-out professionnel, soit 25%, fera une rechute. Parfois, c’est dès le retour au travail que la catastrophe arrive. D’autres fois, c’est après quelques années que le syndrome d’épuisement professionnel pointera son nez une seconde fois.

Ce pourcentage élevé questionne quant à la prise en charge des personnes ayant un burn-out, mais aussi sur leur accompagnement du retour au travail. Le combo antidépresseurs + repos atteint rapidement une limite. Concernant le retour au travail, certains employés semblent livrés à eux-mêmes. Les managers et les ressources humaines ne sont pas toujours formés non plus.

Ce qui augmente le risque de rechute en burn-out

A plusieurs moments le risque de rechute en burn-out peut survenir. Il sera particulièrement important de surveiller ces moments « sensibles », en vérifiant que l’on puisse bien passer à l’étape suivante.

Reprendre le travail trop tôt

Nombre de personnes en burn-out sont souvent très pressées de reprendre le travail. Plusieurs raisons les y poussent : ennui à la maison, culpabilité de ne pas travailler, insécurité financière, pression de la part de l’entreprise… Quelques soient les motifs de la reprise, si elle se fait trop tôt, la personne pas encore prête physiquement et/ou psychologiquement se verra arrêtée une seconde fois, accompagnée d’une grosse baisse de moral en plus. En effet, cela a tendance à réduire la confiance en soi avec des questions comme « Suis-je devenu(e) faible ? », « Ai-je encore ma place au travail ? ».

« Quelques soient les motifs de la reprise, si elle se fait trop tôt, la personne pas encore prête physiquement et/ou psychologiquement se verra arrêtée une seconde fois, accompagnée d’une grosse baisse de moral en plus. »

Reprendre le même chemin

Chez certains, la rechute se fera des années après leur premier burn-out. Ce n’est pas parce que l’on est sorti du premier et changé de travail que l’on est définitivement protégé. Même dans un autre contexte de travail, on peut reproduire les mêmes schémas (comportements, croyances, choix…) qui mèneront vers un second burn-out.

Maintenir un niveau élevé de stress

Le fléau du burn-out s’accompagne d’un stress chronique qui est un réel poison pour la santé. Même après avoir changé pour un environnement de travail moins stressant, il se peut que le stress soit encore une problématique d’épuisement. En effet, il n’y a pas que l’environnement qui soit en cause, mais aussi ses propres apprentissages face au stress. Il est important de déconditionner les réactions individuelles parfois excessives face à une situation qui ne représente pas de réel danger. Sinon, le stress continuera à consommer lentement les réserves d’énergie jusqu’à remettre une seconde fois les batteries à plat.

Les 3 types d’épuisement dans le burn-out Lire l’article

Comment éviter la rechute en burn-out ?

A la reprise du travail

En tout premier lieu, il faut déjà complètement récupérer de son premier burn-out. En effet, il n’est pas rare de voir des personnes qui reprennent le travail à plein régime alors qu’il y a encore une fatigue résiduelle. Il se peut aussi que les capacités intellectuelle (mémoire, concentration, etc) ne soient pas revenues au même niveau d’avant le burn-out. Le risque est de trop sollicité le corps alors qu’il n’est pas encore totalement remis.

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Faire de nouveaux choix en conscience

Un autre point essentiel est le fait d’avoir bien compris son burn-out. Quels ont été les éléments dans mon environnement et de ma personnalité qui ont été un cocktail pro-burn-out ? Comment faire pour réduire ces facteurs de risque ? Ai-je bien compris ce qui doit être changé suite à ce burn-out pour ne pas reprendre le même chemin ?

Profiter de ce chemin de guérison pour apprendre à mieux se connaitre. C’est par la connaissance de soi que l’on évite les mêmes erreurs. il faudra aussi apprendre à se surveiller en cas de nouveaux excès propices à l’épuisement (horaires, stress, habitudes…).

« Il faudra aussi apprendre à se surveiller en cas de nouveaux excès propices à l’épuisement (horaires, stress, mauvaises habitudes…).. »

Réduire son stress, définitivement

Enfin ne pas oublier de réduire drastiquement son niveau de stress de manière générale. Certes, l’organisation de nos sociétés modernes n’aide pas à réduire les sollicitations extérieures, mais il appartient à chacun de choisir pour sa propre vie. Faire le tri entre ce qui est vraiment important ou pas, savoir comment réduire ce qui est stressant dans son environnement, déconditionner ses propres réactions au stress, seront des clés pour ne pas retourner dans le cercle vicieux de l’épuisement.

Les autres pistes d'amélioration

Chaque burn-out étant complexe et multifactoriel, il y a d’autres points de vigilance pour éviter les rechutes. On pensera d’une part aux aspects personnels, avec la relation à ses propres émotions, savoir mettre ses limites à temps, revoir ses valeurs et ses priorités, etc. D’autre part l’environnement de travail sera à revoir : charge de travail, relation entre collègues, gestion des conflits, répartition des tâches, compétences et ressources allouées, etc.

Ce pourcentage très élevé montre que la prise en charge du burn-out ainsi que le retour au travail doivent être améliorés. Il est de la responsabilité des travailleurs comme des entreprises d’être vigilants et de prendre les mesures nécessaires pour éviter la pente glissante de la rechute. Un accompagnement adéquat et global (qui ne prend pas uniquement en compte la santé physique du travailleur, mais aussi les aspects psychologiques, sociaux, environnementaux, managérial, etc) devra être privilégié.

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Nadia Augusto

Nadia Augusto

Neuroscientifique, explorant les solutions naturelles et durables pour la santé de notre cerveau.

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