Pensées positives : la fausse bonne idée ?

pensée positive

La pensée positive est une technique très à la mode et ses éloges ne manquent pas sur les sites de bien-être et de psychologie. Pourtant, en tant que neurothérapeute, certains de mes clients qui me disent : « J’ai déjà essayé cela plusieurs fois, mais cela ne fonctionne pas, je ne peux pas m’empêcher de ruminer et d’avoir des idées noires ». Ces clients ont bien raison d’être honnêtes avec leur thérapeute et avec eux-mêmes pour constater tout simplement que cette méthode ne fonctionne pas.

Et si, dans certaines situations, pratiquer la pensées positives à tout prix serait simplement masquer la misère derrière un beau sourire ? C’est souvent ce que les proches d’une personne déprimée tentent de faire (parfois sans le vouloir) en ayant des remarques comme : « Fais un effort pour penser positif et ça ira », « Bouges-toi », « Motives-toi » ! ».

Rester optimiste pour l’avenir est un très bon comportement, mais il ne faut pas non plus ignorer ses propres problèmes, ceci reviendrait à ignorer ses besoins.

Ignorer ses problèmes, c’est ignorer ses besoins.

Lorsque nous ressentons de la tristesse ou du désespoir, il se cache derrière un besoin. C’est souvent le besoin de repos, de temps pour soi ou de recueillement. Il y a des phases dans la vie de chacun qui sont des phases d’expansion (joie, projet, dynamisme…) et d’autres phases d’involution (repos, temps pour soi, nettoyage, bilan…). Les moments d’involution permettent de faire le tri entre ce qui nous ne correspond plus et qui doit être abandonné de ce qui peut être gardé. C’est une phase qui prépare en général un changement de vie et elle peut s’accompagner parfois de tristesse et de fatigue. Quant aux idées noires, elles apparaissent lorsque nous ne sommes pas capables de voir vers quel changement positif nous devons aller et donc nous tombons dans un trou de désespoir.

 

Suite à événement récent

Si les émotions négatives font suite à un événement récent, alors les pensées négatives qui en découlent sont tout à fait normales. C’est un processus naturel et il ne faut pas s’inquiéter. Plutôt que de repartir rapidement avec du « positif », il vaut mieux prendre le temps de « digérer » l’événement difficile vécu, par exemple en laissant couler la tristesse, faire du tri ou des changements nécessaires pour s’adapter à la nouvelle situation.

C’est dans ce genre de processus que la pensée positive n’aura pas ou peu d’effet. Le besoin immédiat sera le repos, la solitude, la méditation… et vouloir interrompre ce processus ne fera que le ralentir ou le repousser à plus tard. Dans une telle situation, la personne aura besoin d’être comprise, soutenue et accompagnée par ses proches ou un thérapeute, qui ne doivent pas contrer le processus naturel d’involution.

 

En lien avec un évènement passé et lointain

Si les pensées et les idées noires sont bien installées depuis des années, elles ne sont même plus en rapport avec un événement précis, elles sont simplement automatiques. La moindre nouvelle ou incident anodin va provoquer une multitude de pensées inappropriées. Le cerveau a appris par défaut à penser ou choisir l’option négative.

 

C’est là où la pensée positive aura un effet : réapprendre au cerveau à ne plus choisir automatiquement les pensées négatives inadéquates.

Ici, la pensée positive sera une réelle aide. Elle ne masquera pas simplement la douleur, puisque ce qui provoquait la douleur n’existe plus depuis longtemps.

Souvent ces pensées sont inadéquates face à la situation réelle dans laquelle nous sommes : si c’est le cas, il faut couper ses pensées qui entretiennent l’émotion et notamment la pensée positive sera une aide.

 

 

La pensée positive est donc une technique intéressante et utile lorsque les pensées négatives sont automatiques et bien ancrées depuis un certain temps. Au contraire, suite à une évènement récent qu’il faut encore « digérer », il est bien mieux de ne pas masquer la douleur et les émotions désagréables par des pensées positives qui pourraient freiner le processus de changement ou de deuil. Cette méthode est donc à adapter en fonction de chacun et sera d’autant plus efficace lorsqu’elle sera alliée à d’autres techniques, comme par exemple des techniques de gestion des émotions.

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Nadia Augusto

Nadia Augusto

Neuroscientifique, explorant les solutions naturelles et durables pour la santé de notre cerveau.

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